Cosmos
Germinal Roaux
Pays : Mexique, Suisse, France
Durée : mn
Date de sortie nationale : 05/06/2026
VOST
Ángela Molina, Andrés Catzín, Marco Treviño
Germinal Roaux
« Et ils ignorent qu’ils voyagent comme deux solitudes prenant rendez-vous dans une mémoire étrangère. » Ulalume Gonzáles de León
León, la solitude, il connaît. Lui qui vit dans la jungle qui cerne un petit village au fin fond du Yucatán. Vivant seul et, on le devine, depuis longtemps, c’est avec une inquiétude grandissante que notre sexagénaire voit débarquer des engins de chantier venus construire une route pile-poil là où est bâtie sa maison ! Évidemment, ce que les riches, comme il les appelle, ont décidé, ce n’est pas lui, qui n’a même pas les papiers de sa propriété, qui va l’empêcher !
Lena, elle, est entourée d’amis qui s’inquiètent pour elle, passent régulièrement la voir, alors qu’elle ne désire rien d’autre que la solitude ! Trop fatiguée pour faire comme si ça allait, pour converser sur ses derniers articles parus. Lena n’a plus qu’une envie : mourir seule chez elle. Du mal qui la ronge, on ne saura pas grand-chose, ce qui est certain, c’est qu’elle est condamnée. Et la seule compagnie qu’elle accepte, c’est celle de Bruno, son chien.
C’est d’ailleurs grâce à Bruno que ces deux-là vont être réunis. Comme envoyé par la providence pour faire se télescoper ces deux solitudes, le temps d’un ultime voyage. Pourtant, s’il y en a deux qui n’avaient aucune raison de se croiser, c’est bien eux. Riche femme de lettres, récemment arrivée de Mexico, Lena vient d’acquérir une immense maison. Toujours un livre à la main, de la musique pour compagnie. León, quant à lui, est un Maya, un des derniers gardiens des secrets de la nature et des croyances de son peuple, vivant dans sa minuscule maison en terre battue. Il ne sait pas lire, trop occupé qu’il est à communier avec la nature.
D’abord de passage dans la vie l’une de l’autre, ils vont être l’objet d’une sorte d’alchimie. Pour Lena, qui ne ressentait plus grand-chose, León va s’avérer un véritable cadeau pour attendre la fin. Très vite les points communs entre eux vont se trouver : la nature d’abord, et la poésie aussi. Littéraire pour elle, issue de sa parfaite osmose avec le monde pour lui. Et leurs richesses respectives vont se compléter. Lena nous apparaît comme une femme cultivée, intelligente, qui a consacré sa vie à essayer de comprendre le monde qui l’entoure mais la voilà totalement démunie face à sa propre finitude, elle qui ne croit en rien. À l’inverse, León a grandi au sein de sa communauté maya et de la cosmovision qui la définit, il vit en harmonie avec son environnement et n’éprouve aucune angoisse devant la mort, il sait qu’elle fait partie du cycle de la vie. Et il a bien conscience que la meilleure manière de vivre est d’habiter pleinement le moment présent. Vision à laquelle Lena accédera petit à petit, grâce à ce nouvel ami qu’elle n’attendait pas…
Germinal Roaux nous offre avec Cosmos une invitation à la méditation, un poème sur la vie, sur la finitude, sur le sens que nous choisissons de donner à notre existence. Où une simple porte ouverte est une invitation à entrer, à s’abandonner. Où les réponses les plus fracassantes viennent du silence, ce silence qui n’est ni absence ni malaise mais un véritable langage, ce silence que León incarne avec plénitude. Comme le dit si bien la poétesse française Marceline Desbordes Valmore : « La poésie n’est pas une petite chose ; elle est essentielle, elle est notre dernière chance de respirer dans le bloc du réel. » Cosmos nous offre cet espace de respiration et il serait bien dommage de ne pas en profiter.


