LE TESTAMENT D’ANN LEE

THE TESTAMENT OF ANN LEE

Réalisé par Mona FASTVOLD

Année : 2025
Pays : USA
Durée : 130 mn
VOST

avec Amanda Seyfried, Thomasin McKenzie, Lewis Pullman, Stacy Martin, Christopher Abbott, Tim Blake Nelson, Scott Handy, Matthew Beard
Scénario de Brady Corbet et Mona Fastvold

11 mars 2026
14:00
Salle 1
20:45
Salle 1
12 mars 2026
14:00
Salle 1
18:20
Salle 1
13 mars 2026
16:10
Salle 1
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Salle 1
14 mars 2026
14:15
Salle 1
20:50
Salle 1
15 mars 2026
14:20
Salle 1
17:45
Salle 2
16 mars 2026
14:00
Salle 1
18:20
Salle 1
17 mars 2026
16:10
Salle 1
20:45
Salle 1
Du 11/03/2026 au 17/03/2026 à Toulouse – Prochaines séances
Pas d’horaire trouvé à Saint-Ouen l’Aumône

Les frères réalisateurs, on connaissait (un peu moins les sœurs). Les couples réalisatrice / réalisateur, c’est plus rare. Il y eut naguère Kathryn Bigelow et James Cameron. Plus récemment, Justine Triet et Arthur Harari. On en tient un autre : Mona Fastvold et Brady Corbet. L’an dernier, à la Mostra de Venise, The Brutalist scotchait tout le monde et révélait le nom jusqu’ici quasi inconnu de son auteur, Brady Corbet. Le film, dément, était coécrit par Corbet et Mona Fastvold, sa compagne. Les revoilà avec un autre scénario pas piqué des hannetons et cette fois, c’est Mona Fastvold qui est derrière la caméra. Sans atteindre la grandeur de The Brutalist, Le Testament d’Ann Lee tranche au moins comme lui avec ce qu’on a l’habitude de voir. Et partage quelques points communs : l’histoire des États-Unis, l’émigration, la singularité et le caractère épique du sujet.

Le film débute à Manchester, à la fin du XVIIIe siècle. Ann Lee rejoint une secte anglaise, les shakers, issue des quakers. Ces shakers ont la particularité de s’agiter collectivement avec frénésie, entre danse et transe, pour libérer leurs péchés et atteindre une forme d’extase. Ils chantent aussi, crient, hurlent. Un véritable tohu-bohu, qui se transforme sous la houlette de la réalisatrice en une sorte de comédie musicale chorégraphiée. Un croisement improbable de Hair (pour le côté hippie) et d’Emilia Pérez, où les chansons envoûtantes, tantôt du côté de la symphonie, tantôt du côté de la ballade, rappellent des airs celtiques ou de folk.
Au sein de la communauté, Ann Lee devient une meneuse. Une mystique révolutionnaire, est-on tenté de dire, qui la joue plus collectif que sainte Thérèse d’Avila. Elle a des visions prophétiques, s’exprime en glossolalie, prône le célibat – en raison de la perte de ses quatre enfants à la naissance et de son aversion pour le sexe. On l’appelle Mère. Persécutée en Angleterre, elle décide d’embarquer un groupe de disciples pour les États-Unis et s’installe dans le comté d’Albany. Où sa communauté se développe de manière autonome, faisant preuve d’inventivité dans la culture de la terre, la construction, le mobilier, le tissage. Cela n’a pas empêché les persécutions de se poursuivre, la communauté faisant bien trop de bruit, tels les teufeurs de free parties !

À peine croyable, cette histoire a suscité en nous un doute : et si Mona Fastvold nous refaisait le même coup qu’avec The Brutalist en inventant une histoire de toutes pièces ? Après vérification, non : la méconnue Ann Lee a bel et bien existé et ce film a le mérite certain de la faire sortir de l’ombre. Révélation déconcertante d’une forme d’utopie réalisée, reconstitution d’époque aussi bricolée que soignée, ce Testament d’Ann Lee dégage une énergie solaire et une ferveur, sans exclure l’humour. Les athées apprécieront. Dans le rôle-titre, Amanda Seyfried est formidable. Illuminée, fine, persuasive. (Jacques Morice, Télérama)

D’autres films à l’affiche

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105mn
France – 2026
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Japon – 2025
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