CE QU’IL RESTE DE NOUS

Écrit et réalisé par Cherien DABIS

Année : 2025
Pays : Palestine / Allemagne
Durée : 145 mn
VOST

avec Cherien Dabis, Adam Bakri, Saleh Bakri, Maria Zreik, Mohammad Bakri

11 mars 2026
14:10
Salle 1
20:30
Salle 1
12 mars 2026
14:00
Salle 1
18:20
Salle 1
13 mars 2026
16:00
Salle 1
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14 mars 2026
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15 mars 2026
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17 mars 2026
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Du 11/03/2026 au 17/03/2026 à Toulouse – Prochaines séances
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Hasard du calendrier des sorties de films, ce formidable Ce qu’il reste nous, de la cinéaste états-unienne d’origine palestinienne Cherien Dabis (à qui on doit notamment Amerrika, un film autobiographique drôle et tendre sorti en 2009, sur l’arrivée d’une famille palestinienne aux États-Unis) est en quelque sorte le prolongement – quoique sur un tout autre mode – du passionnant Palestine 36 d’Anne-Marie Jacir, programmé avec enthousiasme chez nous il y a quelques semaines à peine. Alors que ce dernier, fresque épique, narrait par le menu la première grande révolte arabe en Palestine (contre la mandature anglaise et l’arrivée des premiers colons sionistes au milieu des années 1930), Ce qu’il reste de nous, délibérément plus intimiste, dresse le portrait sur trois générations d’une même famille palestinienne, depuis 1948, date de la création de l’État d’Israël et de la Nakba (le grand exil des Palestiniens chassés de leur terre), jusqu’à nos jours – en passant par les années 1980 et la première intifada. C’est une voix off qui porte le film, voix dont on comprend qu’elle est celle de l’actrice-réalisatrice elle-même, qui incarne Hanan à travers plusieurs décennies.

Le récit commence en 1988, date des premières grandes manifestations et de la première intifada : le jeune Noor, fils de Hanan, voit en quelques secondes sa vie basculer, en même temps que celle de ses parents. La voix nous ramène alors en 1948. Sharif, grand-père de Noor, vit confortablement et sereinement à Jaffa, qui n’est pas encore un faubourg de Tel Aviv. Pour cet optimiste obstiné, la création de l’État d’Israël est une péripétie qui ne peut en aucun cas affecter sa famille – et ce malgré les bombardements, de plus en plus proches. Et pourtant… Sharif est arrêté et sa famille contrainte de quitter ce havre de bonheur pour rejoindre, comme des centaines de milliers d’autres, un camp de réfugiés. En l’occurrence à Naplouse. Trois décennies plus tard, la santé de Sharif, enfermé dans ses souvenirs, décline. Son fils Salim, instituteur, est confronté, avec son jeune fils Noor, à la pire des humiliations par une escouade de soldats de Tsahal : l’épisode tragique marque à vie Noor, qui grandit avec cette blessure jamais refermée et un profond sentiment d’injustice…
À travers plusieurs périodes, au gré des aspirations des différentes générations, Cherien Dabis raconte avec intelligence, colère et tendresse l’incroyable force de résistance du peuple palestinien : ce sumud, mélange de fatalisme poétique, de résilience, parfois de lassitude, de nostalgie d’un âge d’or perdu, tout autant que la rage et le désespoir qui portent la jeunesse lorsqu’elle se soulève, au péril de sa vie. Cherien Dabis convoque également, sans angélisme mais avec, disons un humanisme pragmatique, la puissance du pardon et du dialogue, qui dépassent les clivages historiques et idéologiques, nous laissant sur une note d’espoir.

Les trois générations successives sont idéalement incarnées par trois générations d’acteurs de la même famille. Le jeune Adam Bakri incarne Sharif jeune, tandis que son propre père Mohammad joue le même personnage à l’automne de sa vie et que l’autre fils de Mohammad, Saleh (magnifique dans Le Bleu du Caftan de Maryam Touzani) joue le fils de Sharif. A eux seuls, les Bakri incarnent la perpétuation de la culture et de l’histoire palestinienne. Mohammed Bakri, qui s’est éteint peu après le tournage, nous laisse à travers ce film ample et généreux un magnifique testament.

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