Siete dias, siete noches nous montre Cuba comme on ne l’a jamais vu. Cuba filmé à la manière d’un reporter de guerre, comme dit le réalisateur. Caméra DV à l’épaule, dans l’urgence, presque la clandestinité, sans droit au rattrapage. Détournant la formule touristique qui propose « sept jours et sept nuits dans une île paradisiaque », Joel Cano nous propose une plongée d’une semaine dans le quotidien de trois femmes cubaines, bien loin du circuit de rêve balisé par les agences de voyage.
A travers ces trois nanas et toute la ribambelle qui vivent autour d’elles, on a l’impression que les femmes tiennent la place centrale dans la vie du pays, alors même qu’elles baignent dans un furieux machisme ambiant. Paradoxalement les femmes sont très présentes dans tous les secteurs de la société, et notamment dans la vie politique. Elles luttent, elles s’imposent, au besoin en adoptant elles-mêmes des attitudes machistes. Face à elles, les hommes se réfugient dans la grégarité, ne savent réagir que la lâcheté ou par l’agressivité.
Les trois protagonistes du film affrontent chacune des situations pas faciles et avec elles, nous croisons des milieux où le système D se tricote avec le chacun pour soi – survie oblige? – sans se préoccuper des autres et encore moins de l’évolution de la société. « En fait, tous les liens entre les gens, tous les rapports de vie « socialistes » qui existaient auparavant ont disparu. Fidel n’est qu’une statue disposée sur le devant de la scène pour que les gens ordinaires continuent à croire que le communisme les protège encore pendant que les nouveaux technocrates changent le décor pour une transition vers l’économie de marché. »
Il a la dent dure, Joel Cano. Et le regard noir. Vous aurez compris que son film est tout sauf optimiste. Mais il dégage une énergie, une envie de déplacer les montagnes qui éloignent toute sinistrose.