Cycle test 3

Du 12/02/26 au 18/04/26 à Toulouse

Polvo serán

Carlos Marques-Marcet

Année : 2024
Pays : Espagne
Durée : 106 mn
Date de sortie nationale : 07/04/2026
VOST

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Dès la scène d’ouverture en plan séquence, le ton est donné. Sur une chorégraphie d’infirmières et de membres de sa famille, Claudia (superbe Angela Molina), au plus beau de son âge, fidèle à elle-même, simple, forte, naturelle et magnifique, va se faire maîtriser non sans beaucoup de résistance, invitant les spectateurs à entrer dans la danse… C’est un passage, un rituel, c’est cette invitée qu’on veut toujours faire passer par la porte de derrière et qu’on met pour l’occasion au-devant de la scène. La mort, l’éternelle compagne de la vie.

La vie est ici merveilleusement portée par Angela Molina, dans ce rôle surprenant et excentrique à la fois. Prix de la meilleure actrice au Festival de Rome, polyvalente, elle chante, danse, avec à ses côtés le chilien Alfredo Castro, qu’on a pu voir dans quantité de films passés à Utopia. Le couple va faire corps sur ce sujet traité hors des sentiers battus par le réalisateur, qui transcende le débat sociopolitique sur les soins palliatifs ou le suicide assisté pour placer son film sur un terrain artistiquement plus stimulant. Il crée une pièce inhabituelle sur ce que cela signifie de faire face ensemble au choix d’une mort volontaire.

L’une des nombreuses forces du récit est la création d’une comédie musicale qui échappe aux modèles dominants. Dimension musicale qui émerge organiquement et progressivement à travers la protagoniste, une actrice qui se met en scène en permanence dans la vie comme sur les planches et qui suscite à elle toute seule un mouvement continue, une énergie inarrêtable dont les forces émotionnelles seront traduites à l’écran par les danses qui surgissent soudainement, comme pour nous embarquer tel le fleuve de la vie qui ne s’arrête jamais sinon pour mourir dans l’océan… Les danses de foule chorégraphiées par Marcos Morau et Le Veonal subjuguent par leur aspect saccadé, intentionnellement instable, comme si elles faisaient partie d’une machine bien plus grande, mal huilée, en train de caler peu à peu. Ces passages restent toutefois à bonne distance les uns des autres et le réalisateur fait ainsi de chacun d’eux une surprise.

Nous ne pouvons ne pas vous dire les raisons de l’enthousiasme à toute épreuve du réalisateur, qui répond dans un entretien : « je pense beaucoup à la mort et ça me rend très heureux. Ça me détend, surtout quand je pense à la réception du film. Mon rêve est que d’ici vingt ans, les gens voudront toujours le voir et que de même que les travaux de certains cinéastes m’ont fasciné, de jeunes réalisateurs pourront ressentir la même chose par rapport au mien. La mort remet tout à sa place et foudroie votre égo : il faut vivre ici et maintenant, profiter du présent et que les gens voient le film, qu’il déclenche des débats et fasse réfléchir. Comment ne pas être enthousiaste quand j’ai la chance de faire des films ?

Cycle test 3

USA / Australie – 2025
96mn
France – 2025
110mn
USA – 2012
101mn
USA/Argentine – 2003
114mn
USA – 2004
120mn

Blabla cycle 3