RUE MÁLAGA

Réalisé par Maryam TOUZANI

Année : 2025
Pays : Maroc / Espagne
Durée : 114 mn
VOST

avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane, Maria Alfonsa Rosso, La Imèn
Scénario de Maryam Touzani, en collaboration avec Nabil Ayouch

11 mars 2026
16:20
Salle 1
12 mars 2026
20:45
Salle 1
13 mars 2026
18:40
Salle 1
14 mars 2026
14:20
Salle 1
15 mars 2026
14:10
Salle 1
16 mars 2026
16:30
Salle 1
17 mars 2026
18:15
Salle 1
Du 11/03/2026 au 17/03/2026 à Toulouse – Prochaines séances
07 mai 2026
16:00
Salle 1 2
10 mai 2026
11:30
Salle 1 2
11 mai 2026
20:10
Salle 1 2
12 mai 2026
16:00
Salle 1 2
Du 07/05/2026 au 12/05/2026 à Saint-Ouen l’Aumône – Prochaines séances

Souvenez-vous… Le Bleu du caftan, ce si joli film qui vous avait emballés ! Voilà Maryam Touzani de retour avec une œuvre gourmande, drôle, débordante de vie, sensuelle et particulièrement mutine, tout comme son héroïne de soixante-dix-neuf ans ! Eh oui ! Il n’y a pas d’âge pour se rebeller et même se faire la malle, si besoin est. C’est ce que nous montrera Maria Angeles, interprétée par la sublime Carmen Maura : belle sans lifting, sans « beauty pass », avec toutes ses rides assumées qui racontent ses peines et ses victoires, son sourire lumineux, son regard pétillant. Peu importent les ans, on pourrait en tomber instantanément amoureux, rien qu’en la regardant. Dans son quartier de Tanger, d’ailleurs, tous semblent apprécier cette dame coquette, discrète, au mot charmant, qui aime regarder passer le temps et les passants depuis sa fenêtre. Sur la plaque de son immeuble rue Málaga cohabitent trois langues : l’arabe, l’espagnol et le français, à l’instar de ses habitants, tous bilingues, a minima. Une plaque qui témoigne en un clin d’œil de la grande Histoire (celle de l’immigration, du protectorat espagnol, de la colonisation, de la décolonisation…) et de la petite histoire (celle des métissages, du bien vivre ensemble). Si ce n’est pas le paradis, cela s’en approche furieusement au regard de Maria Angeles, comblée par ses routines quotidiennes : dorloter ses géraniums, se dorloter, faire ses courses en s’enivrant des fragrances des herbes et épices, aller fleurir la tombe de ses chers défunts, échanger une parole de connivence avec celles et ceux qu’elles croisent, déguster des plats divins après les avoir cuisinés… Des petits rien sans doute, mais pour elle c’est un tout qui fait son bonheur.
Un bonheur qui va vaciller le jour où Clara, sa fille, débarque sans crier gare… et sans grands égards pour les désirs de sa génitrice. Laquelle, malgré ses tentatives de se montrer bienveillante et patiente, va tomber de Charybde en Scylla, sans trouver de prises lui permettant de surnager parmi les annonces que lui fait sa fille, qui ne la ménage décidément pas. L’amour qui existe entre elles est électrique, étouffé sous une chape d’incommunicabilité. Clara, sans le verbaliser, règle ainsi ses comptes, en se drapant dans les prétextes du bon droit et des responsabilités que lui confère son statut de mère célibataire, d’infirmière, de femme indépendante qui ne veut récupérer que son dû… c’est-à-dire l’appartement de Maria Angeles à Tanger ! La fille a tout organisé, il ne reste plus à la mère qu’à obtempérer et à se comporter enfin en vraie grand-mère auprès de ses petits enfants à Madrid…
Mais Maria, on le devine, ne s’est jamais laissée confiner dans les rôles qu’on voudrait lui assigner. Elle ne fait pas partie de ces femmes dont la vie se cantonne à être maman modèle, puis mémé exemplaire, sacrifiant ses désirs pour répondre à ceux d’autrui, fussent-ils ceux de sa fille. Elle qui ne faisait pas de vagues saura devenir tempête !
La suite des événements, sans vous les dévoiler, amènera Maria Angeles sur la route du partage et de la sensualité. Le tout émaillé de savoureux moment complices avec, notamment, sa grande amie religieuse, qui a fait vœu de silence et de chasteté, à laquelle elle ira malicieusement raconter toutes ses frasques sans que la nonne puisse mot dire… c’est d’une drôlerie !

Décidément, entre Les Voyages de Tereza et ce Rue Malaga, cette gazette fait la fête aux vieilles et au vieux ! À leur diversité, à leur vitalité, à leurs richesses sentimentales, intellectuelles… C’est sans doute le signe que le regard sur la vieillesse est en train de changer, on ne s’en plaindra pas, surtout si ça se traduit par des films aussi épatants !

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105mn